L’entretien, l’art de la confiance en soi

Plan

Vous allez trouver ici les conseils que j’ai réunis pour les entretiens. Comme le document était un peu gros pour être lisible confortablement, je l’ai éclaté en morceaux :

Rappels

Vous avez triomphé du fameux premier barrage RH, vous avez trouvé une date d’entretien, il est maintenant temps de vous préparer, mentalement et physiquement. Cet exercice est également très conventionnel et mieux vaut y arriver armé, faute de quoi la surprise peut être grande.

Je différencierai par la suite un entretien typé RH, qui va mesurer votre motivation et ce genre de choses, d’un entretien typé technique (je connais surtout le cas des ingénieurs, où l’on rencontre systématiquement des chefs d’équipe ou des experts techniques). Certaines conditions particulièrement heureuses (la société est pressée et vous êtes sous contrat) peuvent faire que vous enchaînerez les entretiens RH et techniques dans la même journée. J’ai eu l’occasion de tester pour vous, on ressort de 5h d’entretien dans un état de fatigue assez peu descriptible. Attention à ne pas craquer en fin de journée…

Principes généraux

Il faut bien penser qu’un entretien n’est pas un moment où vous jouez votre vie. Vous êtes là pour vous faire une idée sur une boîte et essayer de lui faire comprendre que vous êtes quelqu’un de bien, intéressé et professionnel. Il est donc inutile de :

  • Transpirer comme un fou pour devenir rouge et moite
  • Afficher votre différence à tout prix : vous devez être vous-même, mais pas exagérer
  • Oublier de dormir pendant 3 jours : vous êtes peut-être stressé mais le teint cireux et les valises sous les yeux, ce n’est pas sexy
  • Manger trop lourd, trop léger avant : risque de somnolence ou de déconcentration par la faim

Questions type

Un des grands jeux dans les entretiens, c’est de vous poser des questions pour vous faire parler. En général, les questions sont assez ouvertes et même si ce n’est pas le cas, il vaut mieux appuyer et justifier ses réponses plutôt que répondre de manière monosyllabique. Les RH préfèrent en général un candidat qu’il faut couper de temps en temps à un candidat qui semble terrorisé et n’ose pas dire un mot de peur de sortir une bêtise. Voilà quelques questions que vous devez impérativement maîtriser.

  • votre plus grande qualité : Voilà LE grand classique des RH. Sur ce point là, je conseille de rester assez franc, ça ne sert à rien de s’inventer une histoire, surtout que vous risquez de vous griller en laissant une incohérence. Le tout est de trouver une qualité qui vous corresponde et ne vous fasse pas passer pour orgueilleux. Si ça peut avoir un rapport avec le travail, c’est mieux. Attention, toute qualité poussée à l’extrême étant un défaut, pensez à dire que vous êtes modérés. Vous ne voudriez pas qu’on vous traite de maniaque sous prétexte que vous êtes ordonnés ? Pensez à adapter partiellement à l’entreprise : dire que vous êtes curieux quand on va travailler dans la défense ou que vous êtes d’un naturel joyeux alors que vous allez travailler dans la banque ne sont peut-être pas de bonnes idées.
  • votre plus grand défaut : Sans réfléchir, ça suit d’office la première question. Certains utilisent une astuce « décrivez ce que vos collègues pensent de vous » où il faut comprendre qualité ET défaut en une seule question. Là, tout l’art va être de vous trouver un défaut puis de le minimiser pour le présenter comme un avantage imparable. Démonstration : « Je suis d’un naturel peu ordonné car je préfère tout avoir de disponible de suite pour noter une idée, je suis un créatif… ». Trop gros vous pensez ? Faisons pire : « Je suis timide, je n’ose pas parler en réunion. Cela me permet de bien réfléchir avant de m’exprimer et de fait, les avis que j’émets sont en général pertinents et appréciés de mes collègues ». Testé et approuvé, ce genre de choses marche parfaitement pour peu qu’on les ait préparées.

Après les questions type, voilà certaines choses qu’il faut impérativement éviter, quitte à dire un petit mensonge.

  • On ne doit jamais, jamais, jamais dire que l’on est un asocial qui préfère travailler seul et déteste le travail en équipe. L’entreprise est un milieu social par excellence et personne ne travaille jamais seul dans son coin à moyen terme. Ce serait un poids pour l’entreprise de prendre une personne telle que ça. Vous devrez donc toujours aimer travailler en équipe. Vous voilà prévenu.
  • On ne doit jamais mentir : on peut embellir mais pas mentir. Vous ne savez jamais si la personne en face de vous ne va pas recouper d’informations ou vous poser une question mesquine sur un langage bizarre que vous aviez mis juste pour faire beau. En particulier, ne pas tricher sur les niveaux en langues. À titre anecdotique, une connaissance s’est ainsi retrouvée un jour face à une RH parfaitement russophone, ce qui lui a imposé de tenir 10 bonnes minutes dans cette langue…

Attitude gestuelle

L’attitude gestuelle, encore appelée communication non verbale (ou CNV par les experts consultants en communication hors de prix), est un point essentiel que sauront lire les RH expérimentées. Même si ces dernières n’en ont pas explicitement conscience, c’est ce qui va conduire à mettre des tensions, donner des indications. Je ne vais pas décrire ici toute la communication non verbale, c’est un sujet qui est très vaste, sujet de nombreuses recherches. J’essaierai de trouver quelques liens compétents pour appuyer ce que je dis à l’occasion.

Sans rentrer dans les détails, on peut faire attention à quelques faits et gestes. Ne donnez pas l’impression d’avoir envie d’aller aux toilettes. Faire preuve de stress et d’énervement, par exemple en triturant ses doigts, en croisant les jambes et en battant du pied levé, tout ceci est signe d’un manque de confiance en soi. Il faudra faire attention à prendre une position stable dans la chaise et ne pas trop en bouger. On peut parler avec les mains, appuyer un détail, faire un croquis explicatif. Griffonner un petit dessin, jouer avec un stylo bille (le fameux clac clac qui énerve), regarder par la fenêtre, il vaut mieux oublier. Par contre, il peut être intéressant de surveiller ces signes chez votre interlocuteur, qui seront signes que votre discours l’intéresse moins et qu’il faut passer à autre chose. Typique quand on s’embarque dans des considérations techniques avec un RH…

Lorsque votre interlocuteur vous donne des informations, il est de bon ton et poli de prendre des notes. C’est complètement formel, vous ne les relirez jamais, ce n’est pas grave. À titre anecdotique, je ne prenais pas de notes avant, ce qui m’a été une fois reproché. Je m’en suis sorti en disant que j’avais une très bonne mémoire qui me permettait de me souvenir et de me dispenser de ce genre de corvées fastidieuses. La personne a pris ça pour de l’impolitesse et m’a demandé lors du second entretien (une semaine après) de lui refaire le topo qu’elle m’avait fait, ce dont j’ai heureusement été capable. Inutile de se mettre dans ce genre de situation, mieux vaut garder le plus de chances de son côté et consentir à un petit effort d’écriture. Prévoir de prendre dans cet objectif un stylo et un stylo de secours. Rien de pire que le stylo qui décide de ne plus fonctionner en cours d’entretien. Si comme moi vous n’écrivez qu’à l’encre, un deuxième stylo et/ou des cartouches de rechange sont encore plus importants.

Comment s’habiller

Pour les hommes, on coupe difficilement au costume cravate, surtout pour un premier entretien (RH). Suivant le domaine, on peut se permettre plus ou moins de fantaisie, tout en restant raisonnable. Pour la banque ou les métiers de la défense, préférer un costume sombre, chemise blanche, cravate sobre. L’industrie tolérera plus facilement des chemises de couleur ou un costume clair. En hiver, préférez toujours un costume sombre. Attention de me pas s’habiller trop chaud. La chemise doit être longue (sinon, ça se voit et c’est pas élégant), sauf en plein été. Par contre, les convenances font que les bureaux sont chauffés et que vous ne poserez pas votre veste, il faut mieux éviter un pur laine épais d’hiver. Pour avoir testé une salle de conf non climatisée en plein été (avec nombreux PC et barco), je peux dire que c’est vraiment important de pas avoir trop chaud… Au niveau de la chemise, choisir une dans laquelle vous êtes à l’aise et où vous pouvez fermer le dernier bouton. Si elle vous serre le coup, vous ne serez pas à l’aise. Même remarque pour le pantalon. Attention à ne pas tomber dans l’excès inverse : c’est un entretien de boulot, pas un concours d’élégance. On oublie donc les pinces à cravate et autres gadgets. On fait très attention, on oublie les chaussettes blanches, on pense à prendre un mouchoir (poche droite, c’est important) ou un paquet de mouchoirs en papier avec un mouchoir sorti dans la poche (ça servira).

De ce que j’en sais, c’est un peu moins formel pour les représentantes féminines. Pour les emplois cadre, le tailleur est recommandé, avec un « petit pull à 10F pendant les soldes » ou un chemisier. Pour des emplois type job d’été dans un magasin de fringues branché, arriver en tailleur vous grillera par contre tandis que le petit pantalon taille basse et son petit haut si mignon seront tellement plus dans la ligne du magasin. Donc pensez bien à adapter la tenue au domaine.

C’est une évidence, mais il vaut mieux penser à se laver, peigner les cheveux (voire les couper pour que ça ressemble à quelque chose), brosser les dents. Bref, rien de bien original. Ne surtout pas abuser du parfum : une touche discrète, pourquoi pas, mais rien de pire que de passer un entretien en se demandant quand on va pouvoir ouvrir la fenêtre et respirer. Il vaut mieux aussi éviter les bijoux trop voyants.

Comment se préparer

Si j’ai dit plus haut qu’il ne servait à rien de stresser inutilement, je tiens cependant à dire qu’un entretien se prépare sérieusement. Son bon déroulement dépend principalement de votre préparation et de ce que vous aurez anticipé (et donc qui ne vous surprendra pas). Il faut bien voir que côté recruteur, le but de l’entretien est de vous mettre en situation de stress et de jauger vos réactions sur certains points limite. Comme tout le monde ne ment pas avec un aplomb de serpent, il vaut donc mieux ne pas se faire surprendre.

Le premier point concerne la société elle-même. C’est simple, essayez d’en apprendre le plus possible : domaines, répartitions en filiales, présence internationale, résultats financiers… L’intérêt est double : quand la RH vous demandera si vous connaissez la société, vous pourrez répondre oui et faire le speech à sa place, ce qui la convaincra de votre motivation et la reposera. Le deuxième servira à éviter de dire des choses inadaptées au contexte. Le plus classique est « J’aime les langues, travailler en relation avec l’étranger ne me fait pas peur » qui amène « Vous savez, nous sommes une entreprise de défense française et notre seul client est le ministère de l’intérieur »… Ça aussi, c’est du vécu et dans ce cas, vous savez que ce n’est pas la peine de revenir ! Pour trouver des sources d’info, rien de plus simple : le site web de la société (à condition de lire entre les lignes, ça fourmille de renseignements intéressants), Google News (pour les nouvelles d’actualité), le rapport financier si la société est cotée en bourse… L’idée est d’éviter de dire qu’un sous-domaine de la boîte vous plaît terriblement alors qu’il est en perte de vitesse ou en cours de cession…

Si vous postulez pour un poste dans une société internationale, essayez d’apprendre les mots clefs de votre CV dans les langues que vous parlez. Vous avez travaillé dans les avions et vous ne savez pas que ça se dit Flugzeug en allemand, vous allez perdre beaucoup de temps en périphrases et passer pour quelqu’un de peu compétent. L’idéal étant d’avoir son CV dans toutes les langues que l’on parle, une relecture permet comme ça d’être tout de suite dans le bain.

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