Monthly Archives: March 2015

L’entretien d’embauche : Cas particulier des sociétés de placement et des cabinets de recrutement

Les conseils toujours valables

N’oubliez pas d’aller lire les conseils génériques sur les entretiens. Les cabinets de recrutement et les sociétés de prestation de service (au sens large) ont cependant un mode de recrutement particulier que je vais essayer de mettre en lumière ici.

Que cherchent-ils ?

Il faut bien savoir que ce genre d’entreprise ne fait rien de concret, mis à part de fournir à des entreprises le bon candidat au bon moment (pour les cabinets de recrutement) ou la compétence cherchée au bon moment (pour les sociétés de service).

La différence fondamentale entre la société de service et le cabinet de recrutement, c’est par qui seront embauchés les candidats. Pour une société de service, la personne est embauchée en propre par la société et sera ensuite placée chez un client, où elle sera facturée à la journée de travail. Tout l’intérêt de la société de service est donc de trouver des profils intéressants qu’ils pourront replacer sans trop de souci à la fin de la mission. Tant que vous travaillez pour eux et que vous êtes en mission, vous leur rapportez (copieusement). Dès que vous n’êtes plus en mission, vous devenez une charge. Si cette situation doit durer, vous devenez un handicap au développement de la société. Il faut en être conscient. L’intérêt pour le client d’une société de service est d’externaliser le personnel et donc d’avoir une flexibilité bien supérieure à ce que permet la loi en France. De plus, ceci permet de budgéter les frais de personnel facilement et évite les coups RH lors de la recherche d’un nouveau profil. Le risque est par contre d’externaliser également la compétence et donc de perdre la maîtrise du produit. Un des usages de plus en plus fréquent dans les sociétés de service consiste à n’embaucher un candidat que lorsqu’ils ont une mission en vue et que le client l’a signé (ce qui impose d’emmener un candidat en entretien chez un client en faisant croire que cette personne est déjà dans la société, ce qui est comme dirait un ami topologue, dans l’adhérence de la loi).

Un cabinet de recrutement au contraire, va se charger pour un client de trouver un candidat adapté. Il va facturer ce service (entre 15 et 25% du salaire annuel) lors de l’embauche du candidat par le client. Si le candidat part avant la fin de sa période d’essai, ces fees sont en général remboursées, ce qui vous vaudra de vous fâcher avec le cabinet à tout le moins… Bon à savoir quand on hésite et qu’on se pense protégé par la période d’essai.

Dans tous les cas, l’intérêt de ce genre de sociétés est de rencontrer un maximum de candidats et d’avoir une base de données la plus à jour possible et contenant un maximum de profils.

Comment s’adapter à ces sociétés ?

La particularité de ces sociétés est d’essayer de cumuler l’entretien RH et l’entretien technique en une heure. En général, les interlocuteurs seront de plus ou moins loin du domaine et feront donc mine de comprendre et d’être intéressé par tout ce que vous leur direz. Il ne faut cependant pas se leurrer : ils vont essayer de sonder votre personnalité, comme un RH, et ensuite, ils n’auront pas d’autre solution que de se baser sur les mots-clefs de votre CV pour essayer de les faire correspondre avec ce que demanderont leurs clients. La meilleure solution pour maximiser ses chances consiste donc à parsemer le CV de mots-clefs. C’est un des rares cas où un mensonge ne sera pas très grave, vu que quand votre CV sera envoyé chez le client, vous serez devenus experts de domaine que vous aviez noté comme “possession des bases”.

Attention, ce genre d’entretien est souvent assez stressant. Les interlocuteurs ont en général une heure stricte pour se faire un avis sur vous et n’ont pas le temps de faire de sentiments. Attendez-vous donc à vous faire tester en langues et aussi à recevoir des questions piège. En particulier, un commercial n’hésitera pas à lancer ce qu’on lui a dit être des questions piège sur le langage et ceci même s’il ne comprendra pas la réponse que vous ferez, mais juste pour juger votre attitude face à la question…

Prise de références

Une part essentielle du travail des personnes travaillant dans les sociétés de service ou les bureaux de recrutement consiste à se tenir au courant de l’ambiance dans une société, des opportunités, du turn-over et surtout à trouver des portes d’entrée pour contacter les personnes directement, pour avoir des références internes. Pensez donc que pour elles, la prise de référence s’avère souvent un passage obligé. Pensez donc à ne pas donner d’informations confidentielles et à ne pas trahir inconsciemment ce que vous pensez de vos anciennes sociétés. Dans ce genre de milieu, toute information se monnaie et vaut de l’or. Personnellement, je refuse dans les sociétés de service de communiquer des références lors d’un premier contact. La réponse type : “Bien sûr, j’ai des références, si vous êtes intéressés et souhaitez continuer le processus de recrutement, je vous les fournirai à ce moment là”. Ça permet de passer pour quelqu’un de sérieux qui connaît la valeur de l’information, mais ça peut parfois fâcher certaines personnes qui ne comprennent pas ce que vous avez à perdre. À vous de faire votre choix en toute conscience. Attention, certains milieux sont relativement petits et le réseau de connaissance des recruteurs est en général énorme : se fâcher avec quelqu’un n’est donc pas un incident à prendre à la légère.

L’entretien technique

Les conseils toujours valables

N’oubliez pas d’aller lire les conseils génériques sur les entretiens. Ils sont toujours valables et en particulier pour un entretien technique, à la réserve que les interlocuteurs seront en général moins retors et plus intéressés par les éléments concrets.

Les interlocuteurs potentiels

En reprenant mon exemple (c’est encore celui que je connais le mieux), à savoir celui d’un poste de développeur, vous risquez de rencontrer plusieurs types de profils différents pour un entretien technique. Cela va de l’architecte logiciel, expert dans les domaines techniques, jusqu’au chef de service en passant par les chefs d’équipe. Il faudra bien entendu adapter le discours à chaque type d’interlocuteur. Le principe général à retenir est le suivant : plus l’interlocuteur est haut placé, plus il faudra faire preuve d’abstraction et généraliser, penser en dynamique globale plutôt qu’en intervention locale. Typiquement, plutôt que de s’étendre sur des détails d’implémentation, on mettra en lumière la gestion du projet, ses implications, les méthodologies employées. A contrario, un interlocuteur purement technique préférera savoir avec exactitude ce que vous maîtrisez.

Ce dont vous allez parler

En général, quand on est en entretien technique, c’est que la première partie, avec les RH s’est bien passée. Votre profil a convaincu, vous devez donc maintenant prouver que ce que vous avez fait est réel, expliciter vos compétences. On ne répétera jamais assez qu’il faut cibler les informations que l’on donne. Quand un débutant parle de tout ce qu’il a pu faire, on se dit « c’est normal, il a peu d’expérience ». Par contre, on attend d’un profil expérimenté qu’il sache identifier les informations potentiellement intéressantes. Développer pendant des heures les subtilités entre Oracle et PostgreSQL pour des interlocuteurs spécialisés dans l’informatique bas niveau, ce n’est pas franchement se mettre en valeur. Ceci dit, il ne faut omettre de parler de rien, on ne sait jamais, il faut juste s’apesantir sur les bons sujets. Il faut noter que les entretiens techniques sont souvent beaucoup plus longs que les entretiens RH. À titre informatif, le dernier que j’ai passé a duré 2h30 et j’avais face à moi 3 interlocuteurs.

Afin de résumer un projet de 6 mois en une dizaine de minutes, il faut souvent faire preuve d’un esprit de synthèse. Faire un petit dessin, un croquis explicatif en même temps que l’on explique est souvent une bonne idée, ça permet de focaliser l’auditoire. Certains puristes vont jusqu’à aller en entretien technique avec des slides de leurs projets précédents. L’important est de se montrer synthétique et d’intéresser l’auditoire. En général, les gens du technique sont assez curieux et vous poseront des questions, ce qui vous permettra de dériver sur des sujets plus pointus. Il est bien évident qu’il faut bien savoir ce qu’on a fait comme travail et les technologies utilisées. Une petite révision la veille n’est jamais superflue. Une autre idée très tendance face à un chef d’équipe ou de service sera de dessiner très vite un “cycle en V” et de situer géographiquement vos interventions. Si votre but est d’être chef de projet, essayez d’avoir un domaine d’intervention aussi large que possible. Au contraire, si vous postulez sur un poste d’expert technique, montrez comme vous avez appréhendé le problème par plusieurs points différents.

L’entretien avec les ressources humaines

Les conseils toujours valables

N’oubliez pas d’aller lire les conseils génériques sur les entretiens. Ils sont toujours valables et en particulier pour une RH.

La RH

En général, c’est le début de tout. Après avoir passé un temps plus ou moins long à attendre cette charmante personne en retard, on peut attaquer. Vous avez toujours le mouchoir dans la poche droite : parfait ! Votre paume est naturellement moite, ça vous permettra de l’essuyer discrètement (c’est plus élégant que les fesses du pantalon) et d’éviter de tendre une main trempée. Attention, les RH sont souvent des femmes, évitez messieurs de leur broyer la main, avec les bagues, ça fait très mal.

Le déroulement classique est le suivant. En général, la RH va commencer par vous parler de la société, l’occasion de sortir votre laïus appris la veille et lui prouver votre intérêt et votre éclectisme. En général, c’est à votre tour de présenter votre avis, donc on commence en général par l’état civil, pourquoi on est là, la formation, ce qu’on a fait avant.

Sur tous ces points, vous devez savoir normalement vos noms et prénoms ainsi que votre statut marital et autres détails. Je passe.

Vous êtes ici pour postuler pour un job. Pas besoin de lui dire, elle s’en doute. Par contre, lui rappeler pour quel type de job est une bonne idée, surtout si ça vous permet d’enchaîner avec votre formation.

La formation est une phase essentielle, je conseille de ne pas trop traîner dessus, sauf cas particulier. Un cursus “classique” n’a rien de palpitant donc pas la peine de s’éterniser sur la classe primaire… Le but est d’intéresser l’auditoire, pas l’ennuyer, donc il vaut mieux traîner sur la formation que si vous n’avez rien à dire ensuite. Sur la formation, il peut être bon de mentionner les activités extra-scolaire si elles ont un intérêt d’un point de vue technique, financier ou organisationnel, en particulier si vous étiez membre d’un bureau associatif.

Les expériences constituent une étape dangereuse dans ce type d’entretien pour les formations techniques. Remettons les choses dans le contexte : vous avez en face de vous une RH qui est souvent de formation commerciale ou technico-commerciale. Inutile donc d’essayer de lui faire partager votre enthousiasme pour vos jobs précédents. Dans le meilleur des cas, elle hochera gentiment la tête en regardant sa montre et en essayant de poser une question si elle arrive à comprendre un mot-clef. Inutile de dire que la question tombera à plat, ce qui va la gêner et ne sera pas positif. Personnellement, je ne me gêne plus, j’y vais franco « Je ne vais pas vous ennuyer avec des détails techniques ». Si elle demande, vous pourrez expliquer, sinon, il vaut bien mieux expliquer le contexte d’entreprise, qui l’intéressera bien plus : gestion de projet, taille des équipes, organisation, niveau d’intervention (placer un petit cycle en V et les niveaux d’intervention est en général bien apprécié). Bref, il faut expliquer ce que vous avez fait avec des mots courants « prototype de téléphone avec appareil photo », c’est bien ; « optimisation d’un décompresseur JPEG devant être intégré dans le baseband », c’est mal. Un bon test peut être faire une présentation devant un membre de la famille non versé dans le technique en lui demandant de vous interrompre lorsqu’il ne comprend pas. C’est souvent cruellement révélateur de ce qui va rester à une RH.

Normalement, et même si vous êtes moins bavard que moi, vous aurez déjà tenu une bonne demi-heure, parlez un peu des langues (très vite, elle pourrait prendre idée de vous tester). Si vos hobbies sont intéressants, parlez-en. Sinon, passez dessus, c’est pas essentiel et si ça l’intéresse, elle vous posera des questions. Comme la partie facile se termine et que la partie plus interactive va commencer, prenez votre interlocuteur de court : « Vous avez des questions ? », en le regardant de façon insistante. Normalement, ça devrait le déstabiliser et vous donner un peu de répit. Dans le meilleur des cas, il n’aura pas de questions (et ne pourra donc pas vous reprocher de ne pas en avoir plus tard). Ce petit truc fonctionne vraiment bien, essayez-le !

On attaque en général ensuite une sorte de dialogue, composé de questions piège et de questions simples. Tout l’art est de deviner lesquelles sont des pièges et de ne pas tomber dedans. Comme vous avez bien préparé les questions type, pas de problème. Même quand vous vous faites avoir sur une incohérence, une hésitation, ne cédez pas au stress. Essayez de toujours garder une attitude ouverte et constructive, calme et détendue. C’est dur, mais ça paye !

Prise de référence

Une RH va souvent vous demander de prendre des références, afin de pouvoir valider vos expériences et vérifier comme vous étiez perçus. Il est de bon ton de savoir qui ou quoi répondre, de ne pas hésiter pendant des heures. Personnellement, je prends toujours quelques noms en partant d’un endroit et je tiens un document de références à jour. Pensez à ne donner que les références dont vous serez sûrs qu’elles vous aideront. Inutile de mettre en référence un chef qui ne vous supportait pas. Attention, le cas des sociétés de service est différent sur ce point précis.

L’entretien, l’art de la confiance en soi

Plan

Vous allez trouver ici les conseils que j’ai réunis pour les entretiens. Comme le document était un peu gros pour être lisible confortablement, je l’ai éclaté en morceaux :

Rappels

Vous avez triomphé du fameux premier barrage RH, vous avez trouvé une date d’entretien, il est maintenant temps de vous préparer, mentalement et physiquement. Cet exercice est également très conventionnel et mieux vaut y arriver armé, faute de quoi la surprise peut être grande.

Je différencierai par la suite un entretien typé RH, qui va mesurer votre motivation et ce genre de choses, d’un entretien typé technique (je connais surtout le cas des ingénieurs, où l’on rencontre systématiquement des chefs d’équipe ou des experts techniques). Certaines conditions particulièrement heureuses (la société est pressée et vous êtes sous contrat) peuvent faire que vous enchaînerez les entretiens RH et techniques dans la même journée. J’ai eu l’occasion de tester pour vous, on ressort de 5h d’entretien dans un état de fatigue assez peu descriptible. Attention à ne pas craquer en fin de journée…

Principes généraux

Il faut bien penser qu’un entretien n’est pas un moment où vous jouez votre vie. Vous êtes là pour vous faire une idée sur une boîte et essayer de lui faire comprendre que vous êtes quelqu’un de bien, intéressé et professionnel. Il est donc inutile de :

  • Transpirer comme un fou pour devenir rouge et moite
  • Afficher votre différence à tout prix : vous devez être vous-même, mais pas exagérer
  • Oublier de dormir pendant 3 jours : vous êtes peut-être stressé mais le teint cireux et les valises sous les yeux, ce n’est pas sexy
  • Manger trop lourd, trop léger avant : risque de somnolence ou de déconcentration par la faim

Questions type

Un des grands jeux dans les entretiens, c’est de vous poser des questions pour vous faire parler. En général, les questions sont assez ouvertes et même si ce n’est pas le cas, il vaut mieux appuyer et justifier ses réponses plutôt que répondre de manière monosyllabique. Les RH préfèrent en général un candidat qu’il faut couper de temps en temps à un candidat qui semble terrorisé et n’ose pas dire un mot de peur de sortir une bêtise. Voilà quelques questions que vous devez impérativement maîtriser.

  • votre plus grande qualité : Voilà LE grand classique des RH. Sur ce point là, je conseille de rester assez franc, ça ne sert à rien de s’inventer une histoire, surtout que vous risquez de vous griller en laissant une incohérence. Le tout est de trouver une qualité qui vous corresponde et ne vous fasse pas passer pour orgueilleux. Si ça peut avoir un rapport avec le travail, c’est mieux. Attention, toute qualité poussée à l’extrême étant un défaut, pensez à dire que vous êtes modérés. Vous ne voudriez pas qu’on vous traite de maniaque sous prétexte que vous êtes ordonnés ? Pensez à adapter partiellement à l’entreprise : dire que vous êtes curieux quand on va travailler dans la défense ou que vous êtes d’un naturel joyeux alors que vous allez travailler dans la banque ne sont peut-être pas de bonnes idées.
  • votre plus grand défaut : Sans réfléchir, ça suit d’office la première question. Certains utilisent une astuce « décrivez ce que vos collègues pensent de vous » où il faut comprendre qualité ET défaut en une seule question. Là, tout l’art va être de vous trouver un défaut puis de le minimiser pour le présenter comme un avantage imparable. Démonstration : « Je suis d’un naturel peu ordonné car je préfère tout avoir de disponible de suite pour noter une idée, je suis un créatif… ». Trop gros vous pensez ? Faisons pire : « Je suis timide, je n’ose pas parler en réunion. Cela me permet de bien réfléchir avant de m’exprimer et de fait, les avis que j’émets sont en général pertinents et appréciés de mes collègues ». Testé et approuvé, ce genre de choses marche parfaitement pour peu qu’on les ait préparées.

Après les questions type, voilà certaines choses qu’il faut impérativement éviter, quitte à dire un petit mensonge.

  • On ne doit jamais, jamais, jamais dire que l’on est un asocial qui préfère travailler seul et déteste le travail en équipe. L’entreprise est un milieu social par excellence et personne ne travaille jamais seul dans son coin à moyen terme. Ce serait un poids pour l’entreprise de prendre une personne telle que ça. Vous devrez donc toujours aimer travailler en équipe. Vous voilà prévenu.
  • On ne doit jamais mentir : on peut embellir mais pas mentir. Vous ne savez jamais si la personne en face de vous ne va pas recouper d’informations ou vous poser une question mesquine sur un langage bizarre que vous aviez mis juste pour faire beau. En particulier, ne pas tricher sur les niveaux en langues. À titre anecdotique, une connaissance s’est ainsi retrouvée un jour face à une RH parfaitement russophone, ce qui lui a imposé de tenir 10 bonnes minutes dans cette langue…

Attitude gestuelle

L’attitude gestuelle, encore appelée communication non verbale (ou CNV par les experts consultants en communication hors de prix), est un point essentiel que sauront lire les RH expérimentées. Même si ces dernières n’en ont pas explicitement conscience, c’est ce qui va conduire à mettre des tensions, donner des indications. Je ne vais pas décrire ici toute la communication non verbale, c’est un sujet qui est très vaste, sujet de nombreuses recherches. J’essaierai de trouver quelques liens compétents pour appuyer ce que je dis à l’occasion.

Sans rentrer dans les détails, on peut faire attention à quelques faits et gestes. Ne donnez pas l’impression d’avoir envie d’aller aux toilettes. Faire preuve de stress et d’énervement, par exemple en triturant ses doigts, en croisant les jambes et en battant du pied levé, tout ceci est signe d’un manque de confiance en soi. Il faudra faire attention à prendre une position stable dans la chaise et ne pas trop en bouger. On peut parler avec les mains, appuyer un détail, faire un croquis explicatif. Griffonner un petit dessin, jouer avec un stylo bille (le fameux clac clac qui énerve), regarder par la fenêtre, il vaut mieux oublier. Par contre, il peut être intéressant de surveiller ces signes chez votre interlocuteur, qui seront signes que votre discours l’intéresse moins et qu’il faut passer à autre chose. Typique quand on s’embarque dans des considérations techniques avec un RH…

Lorsque votre interlocuteur vous donne des informations, il est de bon ton et poli de prendre des notes. C’est complètement formel, vous ne les relirez jamais, ce n’est pas grave. À titre anecdotique, je ne prenais pas de notes avant, ce qui m’a été une fois reproché. Je m’en suis sorti en disant que j’avais une très bonne mémoire qui me permettait de me souvenir et de me dispenser de ce genre de corvées fastidieuses. La personne a pris ça pour de l’impolitesse et m’a demandé lors du second entretien (une semaine après) de lui refaire le topo qu’elle m’avait fait, ce dont j’ai heureusement été capable. Inutile de se mettre dans ce genre de situation, mieux vaut garder le plus de chances de son côté et consentir à un petit effort d’écriture. Prévoir de prendre dans cet objectif un stylo et un stylo de secours. Rien de pire que le stylo qui décide de ne plus fonctionner en cours d’entretien. Si comme moi vous n’écrivez qu’à l’encre, un deuxième stylo et/ou des cartouches de rechange sont encore plus importants.

Comment s’habiller

Pour les hommes, on coupe difficilement au costume cravate, surtout pour un premier entretien (RH). Suivant le domaine, on peut se permettre plus ou moins de fantaisie, tout en restant raisonnable. Pour la banque ou les métiers de la défense, préférer un costume sombre, chemise blanche, cravate sobre. L’industrie tolérera plus facilement des chemises de couleur ou un costume clair. En hiver, préférez toujours un costume sombre. Attention de me pas s’habiller trop chaud. La chemise doit être longue (sinon, ça se voit et c’est pas élégant), sauf en plein été. Par contre, les convenances font que les bureaux sont chauffés et que vous ne poserez pas votre veste, il faut mieux éviter un pur laine épais d’hiver. Pour avoir testé une salle de conf non climatisée en plein été (avec nombreux PC et barco), je peux dire que c’est vraiment important de pas avoir trop chaud… Au niveau de la chemise, choisir une dans laquelle vous êtes à l’aise et où vous pouvez fermer le dernier bouton. Si elle vous serre le coup, vous ne serez pas à l’aise. Même remarque pour le pantalon. Attention à ne pas tomber dans l’excès inverse : c’est un entretien de boulot, pas un concours d’élégance. On oublie donc les pinces à cravate et autres gadgets. On fait très attention, on oublie les chaussettes blanches, on pense à prendre un mouchoir (poche droite, c’est important) ou un paquet de mouchoirs en papier avec un mouchoir sorti dans la poche (ça servira).

De ce que j’en sais, c’est un peu moins formel pour les représentantes féminines. Pour les emplois cadre, le tailleur est recommandé, avec un « petit pull à 10F pendant les soldes » ou un chemisier. Pour des emplois type job d’été dans un magasin de fringues branché, arriver en tailleur vous grillera par contre tandis que le petit pantalon taille basse et son petit haut si mignon seront tellement plus dans la ligne du magasin. Donc pensez bien à adapter la tenue au domaine.

C’est une évidence, mais il vaut mieux penser à se laver, peigner les cheveux (voire les couper pour que ça ressemble à quelque chose), brosser les dents. Bref, rien de bien original. Ne surtout pas abuser du parfum : une touche discrète, pourquoi pas, mais rien de pire que de passer un entretien en se demandant quand on va pouvoir ouvrir la fenêtre et respirer. Il vaut mieux aussi éviter les bijoux trop voyants.

Comment se préparer

Si j’ai dit plus haut qu’il ne servait à rien de stresser inutilement, je tiens cependant à dire qu’un entretien se prépare sérieusement. Son bon déroulement dépend principalement de votre préparation et de ce que vous aurez anticipé (et donc qui ne vous surprendra pas). Il faut bien voir que côté recruteur, le but de l’entretien est de vous mettre en situation de stress et de jauger vos réactions sur certains points limite. Comme tout le monde ne ment pas avec un aplomb de serpent, il vaut donc mieux ne pas se faire surprendre.

Le premier point concerne la société elle-même. C’est simple, essayez d’en apprendre le plus possible : domaines, répartitions en filiales, présence internationale, résultats financiers… L’intérêt est double : quand la RH vous demandera si vous connaissez la société, vous pourrez répondre oui et faire le speech à sa place, ce qui la convaincra de votre motivation et la reposera. Le deuxième servira à éviter de dire des choses inadaptées au contexte. Le plus classique est « J’aime les langues, travailler en relation avec l’étranger ne me fait pas peur » qui amène « Vous savez, nous sommes une entreprise de défense française et notre seul client est le ministère de l’intérieur »… Ça aussi, c’est du vécu et dans ce cas, vous savez que ce n’est pas la peine de revenir ! Pour trouver des sources d’info, rien de plus simple : le site web de la société (à condition de lire entre les lignes, ça fourmille de renseignements intéressants), Google News (pour les nouvelles d’actualité), le rapport financier si la société est cotée en bourse… L’idée est d’éviter de dire qu’un sous-domaine de la boîte vous plaît terriblement alors qu’il est en perte de vitesse ou en cours de cession…

Si vous postulez pour un poste dans une société internationale, essayez d’apprendre les mots clefs de votre CV dans les langues que vous parlez. Vous avez travaillé dans les avions et vous ne savez pas que ça se dit Flugzeug en allemand, vous allez perdre beaucoup de temps en périphrases et passer pour quelqu’un de peu compétent. L’idéal étant d’avoir son CV dans toutes les langues que l’on parle, une relecture permet comme ça d’être tout de suite dans le bain.

La lettre de motivation ou comment bien se vendre

Rappels

Comme son nom l’indique, c’est une lettre de motivation : vous devez donc paraître intéressé par la société (donc la connaître) et présenter votre envie d’y travailler. Le but de la lettre est de faire passer ce sentiment au recruteur. Á noter qu’avec la généralisation des postulations par Internet, la lettre de motivation est souvent remplacée par un e-mail de motivation (un peu moins formel, en tout cas au niveau de la mise en page). Autre avantage, du moins pour la France : vous ne devez plus la faire manuscrite, ce qui vous économise le poignet, le risque d’une étude graphologique et énormément de temps. Profitez donc du temps gagné à ne pas faire de la bête recopie pour travailler d’autant plus cet élément essentiel d’une candidature.

Structure

On demande en général à une lettre de motivation d’être avant tout une lettre. Appliquez donc le formalisme local pour positionner les adresses d’expéditeur, date, lieu… Bref, prenez un modèle de lettre (j’en mettrai peut être ici, pas pour le moment) qui corresponde à ce qui se fait où vous postulez. Pour savoir ce qui se fait, reprenez une lettre de refus et recopiez… (si vous avez pas de lettre de refus, que faites-vous ici ?)

Au niveau du corps de la lettre, utilisez une structure trois paragraphes suivie d’une formule de politesse. C’est simple, classique et efficace. Suivant les écoles et les avis de chacun, on utilisera une structure de type Vous-Moi-Nous ou Moi-Vous-Nous. Personnellement, je suis très égocentrique, j’opte donc pour la seconde forme, mais c’est affaire de choix. Quoi qu’il en soit, le contenu change peu.

Moi

Ici, vous devrez expliquer à quel point vous êtes beau, fort et unique. N’exagérez pas trop non plus, par contre, il ne sert à rien de faire de la modestie mal placée. Le but est de se vendre, autant y aller franchement et mettre ses points forts en avant. C’est un paragraphe qu’il vaut mieux cibler sur le cœur de domaine de l’entreprise, pas sur le poste en particulier. Vous voulez postuler chez Bosch, expliquez que vous aimez les voitures et l’info embarquée, en le prouvant avec des exemples concrets.

Vous

Là, c’est assez subtil : il faut présenter l’entreprise pour montrer que vous la connaissez sans tomber dans le plagiat plat du site web (qui sera toujours mieux que votre prose). Il peut être intéressant de placer ce paragraphe en première partie de lettre, ça permet de s’en sortir en introduction. Une bonne solution consiste à connaître quelqu’un en interne et le citer en référence, ça fait toujours du bien. L’idée ici, en gros, consiste à vous approprier le domaine de la boîte, sa structure (genre savoir si c’est une filiale d’un grand groupe, une start-up, une entreprise qui a 250 ans), son domaine de compétence, et surtout montrer que vous connaissez tout cela et que vous êtes à l’aise avec. Attention avec les boîtes de service (ou de conseil, soyons gentils) et leurs annonces passe-partout pour ramener des candidats. Dans ce cas, il vaut mieux broder autour de l’intérêt d’être prestataire. Si vous n’y croyez pas, je vous aide : être toujours sur des projets intéressants, ne pas avoir de temps mort interprojet (on y croit), obtenir beaucoup d’expérience rapidement, acquérir des contacts internes dans de nombreux groupes normalement très fermés, travailler hors des contraintes hiérarchiques (par une boîte de presta, on est toujours en management matriciel). Vous n’êtes pas obligé d’y croire (ouf), mais vaut mieux que ça sonne vrai.

Nous

Bon, c’est là que se situe tout l’art. Vous avez expliqué que vous êtes génial, que la boîte est passionnante et travaille dans des domaines super intéressants. Maintenant, il faut monter la sauce est expliquer que VOUS êtes la personne idéale pour le job au vu de vos qualifications, de vos goûts personnels et de votre plan de carrière. Et il faut arriver à paraître crédible. Réel défi, renouvelé pour tout job et toute boîte…

Formule de politesse

Je vais déjà me permettre un petit aparté : il ne sert à rien de faire une lettre dans un style lourd et alambiqué. L’important est le contenu, pas le contenant. Utiliser une syntaxe correcte et des phrases courtes, incisives. Mettre un peu de cirage dans la partie sur la société, c’est bien, en rajouter dans l’obséquiosité, ça plombe et rend le texte non lisible (donc rejeté, selon le sacro saint principe du « tout de suite ou jamais »).

La formule de politesse doit rester dans cette ligne : polie, respectueuse, mais pas lèche-botte. Et montrer que l’on attend un peu quand même. Un truc du genre « Dans l’attente de recevoir de vos nouvelles, je vous prie d’agréer, Madame Schmurpfl, l’expression de mes salutations les plus cordiales » me plaît bien. Un peu plus poli sera de remplacer le « cordiales » par « respectueuses ». À vous de voir…

À qui l’adresser

Le cruel dilemme de savoir si on écrit au service ou à la RH. Mon conseil : faire des courriers nominatifs, ça porte toujours plus. La formule de politesse est plus franche avec un « Madame chose » qu’avec « Madame, Monsieur ». Problème, vous ne connaissez pas en général le nom du RH. Heureusement, ce problème se résout en général assez facilement avec un petit coup de téléphone au standard. Le tout est d’oser, on est pas tous égaux quand il faut y aller au culot (n’ayez pas honte, je suis incapable de faire ça, il suffit par contre de demander à une connaissance commerciale qui elle le fera avec un naturel désarmant). En cas de refus, toujours bien conserver le courrier de retour, il contient des informations nominales qui pourront resservir… De la même façon, bien garder le suivi des offres auxquelles on répond, des CV qu’on envoie, ça évite les incohérences et les lettres de motivation qui se contredisent à 6 mois d’écart.

Comment maximiser vos chances

L’enveloppe sera en général manuscrite : faites très attention à votre écriture. Soyez propre, mais naturel. Faire 3 enveloppes pour en réussir une ne coûte rien en temps !

En Suisse, on postule avec un dossier complet, contenant entre autres les certificats de travail, les diplômes, les notes, les références… Ce n’est pas le cas en France. Cependant, une lettre de recommandation d’un ancien chef ou d’un professeur peut toujours être jointe, ça prouve le sérieux de la candidature. Pensez d’ailleurs lorsque vous devez quitter un travail à demander à votre ancien chef s’il veut bien vous en faire une : si vous êtes en bons termes et compétent, il refusera rarement et c’est un précieux sésame que vous pourrez garder… Même si le domaine ne vous plaît pas pour le moment, on ne sait jamais de quoi sera fait le lendemain !

Vous pouvez postuler en candidat libre… Ça peut même parfois marcher, si vous avez un profil exceptionnel ou que la société est sur le point de passer une annonce (dans ce cas, un petit délit d’initié aide à postuler au bon moment). Cependant, il ne faut pas se leurrer, les RH cherchent en général des profils qui correspondent à un besoin défini. La réponse à une annonce reste donc la meilleure solution et de loin. Attention à ne pas céder au désespoir (on y arrive vite) et à postuler pour tout et n’importe quoi. Si une entreprise vous intéresse, attendez qu’elle propose un poste pouvant s’adapter à votre profil. Postuler de travers ne peut servir qu’à se griller.

Il peut être utile de postuler dans les cabinets de placement et autres sociétés de service. Une candidature mène très souvent sur un entretien RH (ils ont des quotas de rendez-vous candidats à prendre qui leur font voir tout le monde pour remplir les objectifs). C’est une bonne méthode pour rentrer dans leur base de données et avoir une bonne surprise à moyen ou à long terme. Il m’est arrivé de me faire rappeler pour un CV donné il y a deux ans, ce qui a conduit à un entretien très peu formel d’une dizaine de minutes et une mise à jour de mes données chez eux. Eux sont gagnants parce qu’ils gardent une base active et intéressante, et vous, vous avez la chance de vous faire proposer un job intéressant à un moment où vous aurez envie de bouger.

Autre point qui va me permettre de tordre le coup à une idée reçue : il vaut mieux postuler quand on est sous contrat qu’au chômage. Une personne qui postule alors qu’elle a déjà un travail a un avantage et non un handicap : la période de préavis est un faux problème (en général, on vous demande un mois de délai le temps de vous faire un contrat) et au moins, le recruteur n’a pas de peine à croire que le candidat est intéressé, vu qu’il ne fait pas ça pour manger.

La relance

Très important, une semaine après avoir postulé, si vous n’avez pas eu de nouvelles, un petit coup de téléphone ou un mail vous permettront de remettre un peu de pression sur la RH et surtout lui prouveront que vous êtes motivé. Tenir un tableau à jour avec les sociétés et les dates d’envoi de relance est une bonne idée.

Après

Le courrier passe, vous avez une lettre à entête : ne l’ouvrez surtout pas, c’est négatif ou semi-négatif. Ce sera pour une autre fois. Par contre, gardez toujours votre téléphone portable sur vous (pensez à le passer en mode vibreur en réunion) et avec de la batterie. Si vous voyez que vous ne pouvez pas répondre dans de bonnes conditions (voiture, mauvais réseau), ne répondez pas et rappelez plus tard, quand vous serez assis avec un papier et un crayon. Une RH laissera toujours un message avec nom et numéro.

Ça y est, vous avez une réponse positive, on vous propose un entretien. Parfait ! Pensez bien à être disponible ce jour là (bien tenir un calendrier aide) et préparez-vous pour l’entretien.

Le CV, défauts à éviter et points forts

Rappels

Le CV représente le premier contact entre le candidat et le recruteur. C’est de la rediffusion, mais il est essentiel que ce document soit le plus soigné possible. Un recruteur passe 15s avant de décider si un CV vaut le coup ou pas, une mauvaise impression de départ est donc catastrophique.

Le CV n’est pas un document figé : il doit s’adapter à l’auditoire. Un débutant pourra avoir un CV passe-partout, mais l’expérience augmentant, seuls les projets les plus pertinents pour le poste visé resteront. Il n’y a bien évidemment pas de règle absolue.

Les cas traités ici correspondent au CV français et suisse, francophone dans tous les cas. Lorsque les informations divergeront, j’essaierai de le représenter…

Présentation

La règle numéro un de la présentation concerne les alignements. Le CV est un exercice formel, qui tente entre autres de prouver que vous êtes capables d’utiliser un traitement de texte de manière propre. Une seule règle à rappeler : plus les choses sont alignées et mieux ce sera. Typiquement, les décalages pour chaque bloc doivent être les mêmes, y compris dans l’entête. Cette présentation donnera un CV un peu rigide et formel, mais ne vous pénalisera jamais, contrairement à une présentation plus originale. On excluera les alignements avec des espaces : lisez la doc de votre traitement de texte, utilisez des mises en forme, des points d’ancrage, bref, faites un truc propre. Le temps que vous passerez en apprentissage et à la création, vous le retrouverez mille fois à la maintenance. De plus, si vous envoyez au format électronique, les personnes en face verront votre maîtrise de l’outil et ne hurleront pas si elles ont à le retoucher pour l’envoyer à un client (cabinets de recrutement).

La deuxième règle de présentation concerne la charte graphique. Pensez que dans une candidature, votre CV sortira sur une imprimante noir et blanc qui rendra très mal vos effets de couleur. De plus, ces derniers sont vite désagréables à l’oeil. Pour moi, je table sur la sobriété : uniquement du noir et blanc, peu d’enrichissements pour les titres. À ce sujet, je rappelle une convention typographique : on ne souligne jamais dans un document typographié, les enrichissements se font par le gras et l’italique.

La France est très à cheval sur le CV de une page, la Suisse préfère le CV exhaustif. Personnellement, je trouve cette limite à une page débile, je préfère avoir un CV propre et aéré en deux pages, mais certains recruteurs le prennent très mal, en particulier sur un jeune profil. Dans le cas du CV en deux pages, penser à bien relier mécaniquement les différentes pages (trombone, coin métallique, embossage, agraphe…)

La photo

C’est un éternel dilemme que de savoir si on doit mettre une photo ou pas. Là encore, pas de réponse unique. La question principale consiste à se demander si elle vous servira ou vous desservira… La réponse viendra du poste vers lequel vous postulez : si vous devez avoir un contact avec du public, des clients, il vaudra mieux mettre une photo. Au contraire, si vous devez uniquement travailler dans un bureau comme développeur ou graphiste, elle sera parfaitement inutile. Il faut également voir si vous vous jugez mis en valeur par la photo ou si au contraire elle vous donne un handicap.

Si vous choisissez de mettre une photo, choisissez-la avec soin. Un arrière plan le plus neutre possible (éventuellement, on peut détourer et mettre un arrière plan artificiel, ça marche bien). Il vaut mieux penser également à adapter l’habillement au poste. Dans le doute, être habillé trop chic sera moins gênant que trop cheap. Pour un poste dans une banque typiquement, un CV avec une photo sans cravate sera mal perçu, même si c’est pour travailler dans un obscur bureau d’informaticien.

L’ordre des rubriques

Mettez toujours en premier ce qui est le plus important. Une personne à la recherche de stage mettra sa formation en avant, un jeune diplômé hésitera, un profil plus confirmé mettra ses expériences. Pour l’ordre interne dans les blocs, utilisez du chronologique quand cela s’applique. Attention, le CV français utilise du chronologique en sens inverse je crois. Quand aucune notion de temps ne s’applique, trier du plus compétent/fort/performant au moins performant.

Les langues

C’est un point indispensable sur tout CV. Inutile de dire que vous êtes bilingues si vous avez un niveau scolaire. Le bon compromis pour quelqu’un qui se débrouille correctement est de mettre courant, tout en sachant que vous vous exposez à un test de langue… Mon conseil, c’est de ne pas tricher. Dire que vous avez fait 2 mois d’islandais en 6° est inutile, ce n’est pas ça qui va vous faire décrocher un poste et si vous tombez sur quelqu’un qui parle l’islandais, vous êtes mal…

Les divers

Il faut éviter de remplir cette case, ça fait vraiment je veux mettre des trucs pour remplir la page. C’est normal pour un stagiaire, ça l’est moins pour un diplômé… Il ne faut donc mettre que de vrais hobbies ou de vraies expériences valorisantes : vous faites de la marche à pied, c’est bien, vous faites des raids, c’est mieux. Il faut rester honnête, mais essayer d’intéresser les gens. Dire « j’aime les voitures » sans pouvoir le justifier, c’est pire que de se taire. De même, il vaut mieux éviter les grands classiques que tout le monde met : la lecture (en dessous de 1 livre par semaine, on oublie), la télé (franchement, vous trouvez ça valorisant de dire que vous passez vos soirées dans un canapé ?), la danse (tout le monde dans en soirée…)

Les infos de contact

Elles sont souvent en entête de CV. Elles doivent impérativement contenir vos coordonnées complètes, c’est-à-dire nom, prénom, adresse physique, numéro de téléphone, e-mail. On ajoutera l’âge ou la date de naissance, la nationalité, si on possède un permis de conduire et un véhicule. Dans le cas où on postule à l’étranger, il faut indiquer la possession d’un permis de travail si cela s’applique (typiquement, pour la Suisse – faites attention à l’ambiguité permis de travail/permis de conduire). Mettez toute information de contact que vous jugez utile, sans oublier d’en évaluer toutefois sa pertinence. Vous croyez vraiment qu’une entreprise vous contactera par ICQ, MSN ou Skype ?

Ne mettez les adresses et numéro en notation internationale que pour postuler à l’étranger. Rien de plus ridicule qu’un gars qui postule en région parisienne et précise FRANCE en gros dans son adresse. Pour les numéros de téléphone, utilisez le format suivant +xx (0) yyy yy yy yy, avec xx l’indicatif de pays (33 pour la France) et y votre numéro de téléphone sans le 0 du début.

Au niveau de l’adresse mail, essayez de vous trouver une adresse mail sérieuse, qui fait professionnel. Par exemple, kikoulol125@caramail.com, c’est mal ; j.dupont@free.fr c’est mieux. Pour être indépendant du FAI, une adresse chez un fournisseur mail peut être plus pratique. Essayer dans ce cas d’en prendre une et de la réserver aux communications professionnelles. Dans le doute, gmail vous propose une boîte avec 2 Go de stockage, ça laisse le temps de voir venir.

L’orthographe et la typographie

Un CV est un document que vous êtes censé avoir travaillé longuement, il faut donc éviter toute faute d’orthographe. Pour un document normal, on tolère 2 fautes par pages, pour un CV, c’est ZÉRO. Point final. Donc relisez-vous dix fois, faites passer les correcteurs orthographiques, faites-vous relire, regardez dans le dictionnaire, mais supprimez les fautes. Essayez de respecter les règles typographiques usuelles. Une bonne bonne source d’information sur le sujet est la wikipedia, comme d’habitude. Sachez que ce n’est pas le point le plus critique cependant (relisez les points de la section Présentation).

Les expériences

Il faut les situer dans le temps et la durée. Évitez de tricher sur le sujet, ça vous grillerait si c’est découvert. Pensez à avoir des références sous le coude. Ma technique personnelle consiste à avoir un document texte perso où je marque un ou deux contacts pour toutes mes expériences, ce qui permet d’être très réactif quand on me le demande en entretien. Ça évite le blanc et le fameux « Attendez, comment il s’appelait déjà ? ». Pour chaque expérience, vous devrez aussi préciser l’entreprise et sa localisation géographique. Si c’est un grand groupe, le nom de l’entreprise suffit, dans le cas d’une PME ou d’un domaine plus confidentiel, précisez le coeur d’activité de l’entreprise.

Il faut ensuite décrire le plus précisément l’expérience tout en restant concis (une ou deux lignes). N’hésitez pas (tant que c’est vrai, bien sûr) à parsemer de mots clefs sexy qui attireront le recruteur qui cherche des éléments et ne connaît pas le domaine. Les phrases nominales permettent de réduire la taille du texte, qui peut vite devenir prohibitive.

Le format

De plus en plus de sociétés souhaitent qu’on postule au format électronique. C’est très bien, en particulier pour la lettre de motivation qui n’a plus besoin d’être manuscrite. Par contre, il faut envoyer vos documents au format électronique. Personnellement, je conseille le PDF et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, vous êtes sûr que votre document ne sera pas altéré. Deuxièmement, vous êtes sûr que votre document sera lisible à peu près partout, quelle que soit la plateforme ou l’OS. Pour info, ghostscript peut servir d’imprimante PDF sous windows, et donc transformer tout document de votre choix en PDF. Voir la FAQ (en anglais) pour plus de détails.

Certaines sociétés (et en particulier les cabinets de placement ou boîtes de prestation) imposent le format Word. Dans ce cas, vous ne pourrez pas y couper, tant pis si comme moi votre CV est en LaTeX. Pour info, sur les sites de recrutement (type jobup, laisser un CV au format Word permet qu’il soit scanné et indexé pour les mots clef et donc maximise vos chances lors des recherches par mots clefs des recruteurs. Pour les irréductibles du logiciel libre, OOo est une excellente alternative, compatible sans (trop de) problèmes avec Word.

La suite

Une fois que le CV est bien prêt, peaufiné, briqué, il est temps de postuler : direction la lettre de motivation.

Conseils pour postuler

J’ai écrit il y a très longtemps (plus de 10 ans) quelques pages de conseils pour des amis, sur comment faire un CV, comment postuler. Depuis, je suis passé de l’autre côté de la barrière, j’ai recruté, fait passé des entretiens et ai changé plusieurs fois de postes.

J’ai gardé le contenu de l’ancien site verbatim, mon avis personnel a évolué sur pas mal de sujets cependant. Peut être l’occasion de nouveaux billets dans le futur ?

L’ancien contenu ayant été migré ici, vous pouvez le retrouver sur le blog. Pour commencer, vous pouvez aller voir comment écrire un CV, une lettre de motivation ou passer un entretien.